La plus-value de cession de titres est imposée au prélèvement forfaitaire de 31,4 % en 2026. Le dirigeant qui part à la retraite peut déduire un abattement fixe de 500 000 €, prorogé jusqu'au 31 décembre 2031. En apport-cession, la holding doit désormais réinvestir 70 % du prix dans les 3 ans et conserver ces investissements 5 ans. Le réinvestissement se construit en poches : une réserve disponible, des placements financiers diversifiés, de l'immobilier et du private equity, avec une assurance vie ou un contrat de capitalisation pour la transmission. Les placements financiers échappent à l'IFI.
Vendre son entreprise, c'est souvent passer d'un actif unique, que l'on connaît par cœur, à un capital liquide qu'il faut faire travailler. La fiscalité de la cession se prépare avant la signature ; le réinvestissement, lui, ne doit pas se faire dans la précipitation.
La fiscalité de la cession en 2026
- Prélèvement forfaitaire de 31,4 % : 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, depuis la hausse de la CSG. Sur option, le barème avec, pour les titres acquis avant 2018, des abattements pour durée de détention.
- Départ à la retraite : abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value (article 150-0 D ter du CGI), prorogé jusqu'au 31 décembre 2031. Conditions : PME, fonctions de direction et au moins 25 % des droits pendant 5 ans, départ à la retraite dans les 2 ans qui précèdent ou suivent la cession. Les prélèvements sociaux restent dus sur la totalité du gain.
- Hauts revenus : la plus-value entre dans le revenu fiscal de référence et peut déclencher la contribution exceptionnelle (3 % à 4 %) et la contribution différentielle (impôt minimal de 20 %). Pour cette dernière, les revenus exceptionnels peuvent, sous conditions, n'être retenus que pour un quart.
| Règle | Repère |
|---|---|
| Prélèvement forfaitaire unique | 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) |
| Départ à la retraite du dirigeant | Abattement fixe de 500 000 €, prorogé jusqu'au 31 décembre 2031 |
| Hauts revenus | Contribution exceptionnelle de 3 % à 4 % et contribution différentielle (impôt minimal de 20 %) |
| Apport-cession (cessions depuis le 21 février 2026) | Remploi d'au moins 70 % en 3 ans, conservation 5 ans ; auparavant 60 % en 2 ans |
| Pacte Dutreil | Engagement individuel de conservation porté à 6 ans |
L'apport-cession après la loi de finances 2026
Apporter ses titres à une holding avant la vente permet de reporter l'imposition de la plus-value (article 150-0 B ter). Si la holding vend dans les 3 ans, le report n'est maintenu que si elle réinvestit. Pour les cessions depuis le 21 février 2026, les règles sont plus strictes :
- réinvestir au moins 70 % du prix, contre 60 % auparavant ;
- dans un délai de 3 ans, contre 2 ;
- et conserver ces investissements 5 ans ;
- dans une activité opérationnelle : les activités financières, immobilières et à revenus garantis sont exclues.
Pourquoi donner avant de vendre ?
Donner des titres à ses enfants avant la cession purge la plus-value sur les titres donnés : les enfants vendent sur la base de la valeur retenue pour la donation. La donation doit être réelle et précéder tout engagement ferme de vente, faute de quoi l'administration peut invoquer l'abus de droit. Le pacte Dutreil, dont l'engagement de conservation passe à 6 ans en 2026, allège fortement les droits de donation.
Réinvestir par poches
- Une réserve disponible : 12 à 24 mois de dépenses et les projets proches, sur des supports sans risque.
- Des placements financiers diversifiés : assurance vie et contrat de capitalisation, qui préparent aussi la transmission ; PEA jusqu'à 150 000 €.
- De l'immobilier : SCPI, nue-propriété pour ne pas alourdir l'impôt ni l'IFI, immobilier en direct.
- Du private equity : ancien chef d'entreprise, vous connaissez ce monde. À limiter à une part du patrimoine, sur 8 à 10 ans.
Les placements financiers ne sont pas soumis à l'IFI, à l'exception de la part immobilière des unités de compte et des SCPI. En assurance vie, la garantie des assurés est de 70 000 € par assureur : au-delà, répartissez entre plusieurs compagnies.
Pourquoi se donner du temps ?
Le produit de la vente n'a pas à être investi le mois suivant. Placé d'abord en supports sans risque, il peut être déployé en plusieurs étapes, une fois vos revenus futurs, vos projets et votre transmission définis.
Les placements en unités de compte, actions et SCPI présentent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article ne constitue pas un conseil personnalisé : toute décision suppose l'examen préalable de votre situation.
Sources : service-public.gouv.fr, plus-values de cession de titres ; BOFiP, abattement pour départ à la retraite ; impots.gouv.fr, contribution différentielle ; impots.gouv.fr, patrimoine taxable à l'IFI ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 8 et 11 ; loi n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 70.
Questions fréquentes
Comment est imposée la plus-value de cession d'entreprise en 2026 ?+
Au prélèvement forfaitaire de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou sur option au barème avec des abattements pour les titres acquis avant 2018.
L'abattement de 500 000 € pour départ à la retraite existe-t-il encore ?+
Oui, il est prorogé jusqu'au 31 décembre 2031 pour les dirigeants de PME qui partent à la retraite dans les 2 ans de la cession. Les prélèvements sociaux restent dus sur toute la plus-value.
Qu'a changé la loi de finances 2026 pour l'apport-cession ?+
Pour les cessions depuis le 21 février 2026, la holding doit réinvestir 70 % du prix en 3 ans, dans des activités opérationnelles, et conserver ces investissements 5 ans.
Le produit de la cession est-il soumis à l'IFI ?+
Non pour la trésorerie et les placements financiers. Seule la part immobilière (SCPI, unités de compte immobilières, immeubles) est taxable.