Un FCPR investit au moins 50 % de son actif dans des sociétés non cotées. Les parts sont bloquées cinq à dix ans et le capital n'est pas garanti. Ses produits et plus-values sont exonérés d'impôt sur le revenu si le porteur conserve ses parts cinq ans, réinvestit les sommes distribuées pendant cette période et ne détient pas plus de 25 % d'une société du portefeuille ; les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. À la différence des FCPI et FIP, le FCPR n'offre pas de réduction d'impôt à l'entrée. Un repère courant, non prescriptif, limite ces fonds à 5 à 10 % du patrimoine financier.
Le capital-investissement, longtemps réservé aux institutionnels, s'ouvre aux particuliers par des fonds de plus en plus accessibles. Le fonds commun de placement à risques (FCPR) en est la forme la plus répandue. Son attrait tient à une espérance de rendement supérieure aux marchés cotés et à une fiscalité de sortie allégée, ses contraintes à un blocage long et à un vrai risque de perte. Voici son fonctionnement en 2026.
Qu'est-ce qu'un FCPR ?
Un FCPR est un fonds d'investissement alternatif dont au moins 50 % de l'actif est investi dans des titres de sociétés non cotées. Il est agréé par l'AMF et ouvert à tout souscripteur. Son cousin le FPCI (fonds professionnel de capital investissement) obéit aux mêmes règles d'investissement, mais il est seulement déclaré à l'AMF et réservé aux investisseurs avertis, avec une souscription minimale de 100 000 € sauf exceptions.
Le fonds a une durée de vie déterminée, le plus souvent de huit à dix ans, parfois prorogeable. Il collecte, investit pendant trois à cinq ans, accompagne les entreprises puis les revend. Les premières années affichent souvent une valeur liquidative en baisse, le temps que les frais soient absorbés et les participations valorisées : c'est la courbe en J. Les sommes reviennent au porteur au fil des cessions, en fin de vie du fonds.
Quelle est la fiscalité des FCPR ?
Le FCPR ne donne droit à aucune réduction d'impôt à la souscription. Son avantage se situe à la sortie : les produits distribués et les plus-values de cession ou de rachat des parts sont exonérés d'impôt sur le revenu, en application des articles 163 quinquies B et 150-0 A du Code général des impôts, sous quatre conditions :
- le fonds respecte son quota d'investissement de 50 % en titres non cotés, avec ses sous-quotas ;
- le porteur s'engage à conserver ses parts pendant cinq ans à compter de la souscription ;
- les sommes distribuées pendant ces cinq ans sont immédiatement réinvesties dans le fonds ;
- le porteur, avec son conjoint, ses ascendants et descendants, ne détient pas plus de 25 % des droits d'une société du portefeuille, et ne les a pas détenus au cours des cinq années précédentes.
Les prélèvements sociaux restent dus, au taux de 18,6 % depuis 2026. Si les conditions ne sont pas remplies, ou pour un fonds qui ne remplit pas le quota, les gains relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Logé en unités de compte dans un contrat d'assurance vie ou un PER, le FCPR suit la fiscalité de l'enveloppe, et ses parts s'y trouvent souvent avec un ticket d'entrée plus bas.
FCPR, FCPI, FIP : quelles différences ?
| Fonds | Cible | Avantage à l'entrée | Fiscalité des gains | Blocage |
|---|---|---|---|---|
| FCPR | Sociétés non cotées, 50 % au moins | Aucun | Exonération d'impôt sur le revenu sous conditions ; 18,6 % de prélèvements sociaux | 5 à 10 ans |
| FPCI | Idem, investisseurs avertis | Aucun | Exonération d'impôt sur le revenu seulement si le fonds respecte le quota fiscal ; sinon prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % | 5 à 10 ans |
| FCPI | Jeunes entreprises innovantes (70 % au moins) depuis le 21 février 2026 | Réduction d'impôt de 30 % des versements, pour les seuls fonds investis en JEI | Exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans ; prélèvements sociaux dus | 5 ans minimum, 7 à 10 en pratique |
| FIP Corse et outre-mer | PME de Corse ou d'outre-mer | Réduction d'impôt de 30 % | Idem | 5 ans minimum, 7 à 10 en pratique |
La loi de finances pour 2025 a supprimé la réduction d'impôt des FIP de métropole pour les souscriptions depuis le 16 février 2025, et la loi de finances pour 2026 celle des FCPI classiques depuis le 21 février 2026, en la recentrant sur les fonds investis à 70 % au moins en jeunes entreprises innovantes. Les FIP Corse, détaillés dans notre article dédié, conservent leur taux de 30 %.
Quels sont les risques ?
- Perte en capital : certaines participations échouent. Le fonds compense par la diversification, mais la perte totale ou partielle reste possible.
- Illiquidité : aucun rachat avant la fin de vie du fonds, qui peut être prorogée. L'AMF rappelle qu'il est « en pratique impossible d'obtenir le rachat de vos parts avant la fin de la durée de vie du fonds ».
- Frais : frais d'entrée, de gestion annuels souvent supérieurs à 2 %, commission de performance. Ils pèsent sur le rendement net.
- Valorisation : la valeur liquidative repose sur des estimations, pas sur un prix de marché. Les performances passées des millésimes précédents ne préjugent pas de celles du fonds souscrit.
À qui s'adressent les FCPR, et pour quelle part ?
Aux épargnants qui disposent déjà d'une réserve de précaution, d'une assurance vie et de placements liquides, qui acceptent de bloquer une somme dix ans et d'en perdre une partie, et qui cherchent un moteur de performance décorrélé des marchés cotés. Un repère courant, à titre indicatif et non prescriptif, limite le non coté à 5 à 10 % au plus du patrimoine financier. Il se souscrit en compte-titres, en assurance vie ou en PER, par appels de fonds successifs ou en une fois selon le véhicule. Notre guide Investir dans le private equity replace les FCPR parmi les autres accès au non coté, et la page optimisation fiscale situe leur avantage parmi les autres leviers.
Cet article est une information générale : il ne constitue pas un conseil personnalisé. Tout placement autre que les livrets réglementés comporte un risque de perte en capital ; la garantie du fonds euros est celle de l'assureur, dans les conditions du contrat, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Toute décision suppose l'examen préalable de votre situation.
Sources : AMF, fonds de capital-investissement (FCPR, FCPI, FIP) ; AMF, investir via un fonds de capital-investissement (FCPR, FCPI, FIP) ; articles 163 quinquies B et 150-0 A du CGI (exonération des gains de parts de FCPR, sur Légifrance) ; BOFiP, réduction d'impôt FCPI et FIP (27 août 2026) ; articles 163 quinquies B, 150-0 A et 199 terdecies-0 A du Code général des impôts, articles L214-28 et L214-159 du Code monétaire et financier (Légifrance).
Questions fréquentes
Quelle différence entre un FCPR et un FPCI ?+
Les deux investissent au moins 50 % en sociétés non cotées. Le FCPR est agréé par l'AMF et ouvert à tous ; le FPCI, simplement déclaré, est réservé aux investisseurs avertis, avec un ticket d'entrée de 100 000 € en principe.
Les gains d'un FCPR sont-ils exonérés d'impôt ?+
Oui pour l'impôt sur le revenu, si le fonds respecte son quota de 50 %, si vous conservez vos parts cinq ans à compter de la souscription, si vous réinvestissez dans le fonds les sommes distribuées pendant cette période et si vous ne détenez pas plus de 25 % d'une société du portefeuille. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.
Peut-on récupérer son argent avant la fin du fonds ?+
En pratique non. Les rachats sont bloqués pendant la durée de vie du fonds, de cinq à dix ans, prorogations comprises. Il n'existe pas de marché secondaire organisé pour les parts.
Quelle part de son patrimoine placer en FCPR ?+
Un repère courant, non prescriptif, est de 5 à 10 % au plus du patrimoine financier, réservé à l'épargne dont vous n'aurez pas besoin pendant dix ans, après la réserve de précaution et les placements liquides.