L'indemnité de départ volontaire à la retraite est imposable dès le premier euro, mais le système du quotient limite l'effet de la progressivité. L'indemnité de mise à la retraite, versée à l'initiative de l'employeur, est exonérée d'impôt dans certaines limites, avec un plafond de 240 300 € en 2026. Une fois l'impôt anticipé, le placement se construit autour de trois besoins : compléter la pension, garder une réserve disponible et préparer la transmission, idéalement par des versements en assurance vie avant 70 ans.
Le départ à la retraite s'accompagne souvent d'un capital : indemnité de fin de carrière, épargne salariale débloquée, parfois un capital de retraite supplémentaire. Bien placé, il peut compenser la baisse de revenus. Mal anticipé, il alourdit l'impôt de l'année et reste immobilisé sur un compte courant.
Départ volontaire ou mise à la retraite : deux fiscalités
- Départ volontaire : l'indemnité est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu dès le premier euro, sauf départ dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi.
- Mise à la retraite par l'employeur : l'indemnité est exonérée d'impôt à hauteur du plus élevé de ces montants : indemnité légale ou conventionnelle, deux fois la rémunération brute annuelle de l'année précédente, ou la moitié de l'indemnité. Les deux derniers sont plafonnés à 5 fois le plafond annuel de la sécurité sociale, soit 240 300 € en 2026.
| Situation | Impôt sur le revenu |
|---|---|
| Départ volontaire à la retraite | Imposable dès le premier euro, système du quotient possible |
| Mise à la retraite par l'employeur | Exonérée à hauteur du plus élevé de : indemnité légale ou conventionnelle, deux fois la rémunération brute annuelle, moitié de l'indemnité ; les deux derniers plafonnés à 240 300 € |
| Départ dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi | Exonérée |
La part imposable est un revenu exceptionnel. Vous pouvez demander le système du quotient : l'impôt est calculé comme si un quart de la somme s'ajoutait à vos revenus, puis multiplié par quatre. Cela atténue l'effet de la progressivité. Le calcul se fait en même temps que la déclaration de revenus.
Étape 1 : mesurer la baisse de revenus
Comparez votre dernier salaire net et vos pensions à venir : retraite de base, complémentaire, éventuelles rentes. L'écart mensuel indique le complément à produire avec votre capital, pendant combien d'années, et donc la part à placer pour des revenus et la part à garder pour des projets.
Étape 2 : garder une réserve disponible
Prévoyez une réserve pour les dépenses de la première année et les imprévus : travaux, aide à un enfant, frais de santé. Livret A et LDDS (1,7 % depuis le 1er août 2026) et fonds euros d'assurance vie remplissent ce rôle.
Étape 3 : placer pour compléter la pension
- Assurance vie : des rachats partiels réguliers, fiscalement légers car seule la part de gains est imposée, avec un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) après huit ans.
- SCPI : des revenus trimestriels, avec un taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025 selon l'ASPIM. Le capital et les revenus ne sont pas garantis, et les revenus sont imposés comme des revenus fonciers.
- Rente viagère : un revenu garanti à vie, au prix de l'aliénation du capital.
Notre article sur les revenus complémentaires à la retraite détaille ces solutions.
Faut-il verser sur le PER l'année du départ ?
L'année du départ, vos revenus sont souvent encore élevés. Un versement sur un PER, déductible dans la limite de votre plafond, réduit l'impôt de cette année. Une fois retraité, vous pouvez récupérer ce capital, imposé à la sortie : l'opération est intéressante si votre tranche d'imposition baisse nettement à la retraite. Depuis 2026, les versements faits à partir de 70 ans ne sont plus déductibles.
Étape 4 : penser transmission dès maintenant
Les versements en assurance vie faits avant 70 ans bénéficient de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire au décès. Après 70 ans, l'abattement tombe à 30 500 € pour l'ensemble des contrats, mais les gains restent exonérés. Les donations, avec l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant renouvelable tous les 15 ans, se préparent aussi tôt : voir notre article sur la transmission.
Sources : Légisocial, régime des indemnités de rupture 2026 ; articles 80 duodecies et 163-0 A du Code général des impôts ; service-public.fr, PER.
Cet article est une information générale : il ne constitue pas un conseil personnalisé. Les placements évoqués comportent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Questions fréquentes
L'indemnité de départ volontaire à la retraite est-elle imposable ?+
Oui, dès le premier euro, sauf départ dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi. Le système du quotient limite l'effet de la progressivité de l'impôt.
L'indemnité de mise à la retraite est-elle exonérée ?+
Oui, dans la limite du plus élevé de ces montants : indemnité légale ou conventionnelle, deux fois la rémunération brute annuelle, ou la moitié de l'indemnité, ces deux derniers étant plafonnés à 240 300 € en 2026.
Faut-il verser son indemnité sur un PER ?+
Une partie, si votre tranche d'imposition est élevée l'année du départ et plus basse ensuite, et avant 70 ans. Le capital pourra être récupéré dès la retraite, imposé à la sortie.
Pourquoi verser en assurance vie avant 70 ans ?+
Les versements faits avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire au décès, contre 30 500 € pour l'ensemble des contrats après 70 ans.